In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 12 juin 2022

Zhen-Huan Lu - Oil lamp
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain d'origine chinoise Zhen-Huan Lu (b.1950). Il est formé au département de scénographie de la Shanghai Theatre Academy, réputée notamment pour son enseignement de la peinture de paysage occidentale. Une fois diplômé, il y enseigne à son tour la peinture et la scénographie, avant de s’installer aux États-Unis en 1986, à l’occasion de sa première exposition personnelle à New York.
Z.L. - Afternoon repose

Son réalisme, toujours empreint de poésie, prend forme dans des scènes emplies d’objets familiers, mais où l’homme est absent. Et c’est précisément cette absence qui révèle la présence invisible des émotions humaines, des souvenirs et de tout ce que ces objets semblent avoir à raconter de ceux qui les ont utilisés ou habités... 
Cette proximité intime dont parlait Novalis : « ce à quoi nous sommes du plus près liés. »
 © Veilleur de Nuit – 2022
BD8

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dimanche 5 juin 2022

P. A. - Queen Elisabeth II (1954-55)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur italien Pietro Annigoni (1910-1988). Portrait de l'artiste en pêcheur à la ligne.
Voici d’abord un très beau portrait d’Elizabeth II réalisé en 1955, deux ans après son couronnement. Avec celui d’Annie Leibovitz, qui l’a photographiée en 2007 (voir publication de juillet 2020), c’est mon portrait préféré de la Gracious Queen.

P.A. - Le départ (1935)
On y voit une belle jeune femme de 28 ans, altière, vêtue des robes de l’Ordre de la Jarretière, dans un paysage romantique d’une grande élégance. Dans le coin inférieur gauche, l’artiste, dans une barque, taquine le goujon ; clin d’œil sans doute à la Fishmongers’ Company qui lui avait commandé le portrait.
Le second tableau, La partenza (1935), appartient à sa période de jeunesse : ces embarcations aux voiles déployées, affrontant une mer sombre et agitée, témoignent déjà de son admiration pour les paysages du XVIIᵉ siècle, notamment ceux de Poussin et d’Antonio Francesco Peruzzini, où la nature devient le théâtre d’une inquiétude presque métaphysique.
Annigoni racontait lui-même qu’il avait passé de longues heures, dans sa jeunesse, à regarder les paysages anciens au Cabinet des dessins et des estampes des Offices.
 © Veilleur de Nuit – 2022
JS1

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samedi 4 juin 2022

Anonyme
Une image et des mots. Einstein affirmait que l'imagination était plus importante que la connaissance, car celle-ci est limitée, tandis que l'imagination englobe le monde entier.
Les mots que j'ai choisis pour accompagner cette image anonyme, extraits de son essai Le Jeu des possibles (1981), sont du biologiste et médecin François Jacob, prix Nobel de physiologie ou médecine en 1965.
Il est aussi Compagnon de la Libération.

Mythique ou scientifique, la représentation du monde que construit l'homme fait toujours une large place à son imagination. [....] Si la science évolue, c'est souvent parce qu'un aspect encore inconnu des choses se dévoile soudain ; pas toujours comme conséquence de l'apparition d'un appareillage nouveau, mais grâce à une manière nouvelle d'examiner les objets, de les considérer sous un angle neuf.
Ce regard est nécessairement guidé par une certaine idée de ce que peut bien être la "réalité".
Il implique toujours une certaine conception de l'inconnu, de cette zone située juste au-delà de ce que la logique et l'expérience autorisent à croire. Selon les termes de Peter Medawar, l'enquête scientifique commence toujours par l'invention d'un monde possible.

HA2
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dimanche 29 mai 2022

O.C. - Guerre dans le Donbass (2014)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire et photojournaliste ukrainien Oleksandr Chekmenov (b.1969), originaire de Luhansk, dans le Donbass, auquel il a consacré un livre publié en 2011.
Chekmenov commence sa carrière dans un studio de photographie de sa ville natale en 1988. Après la chute de l’URSS, il photographie les conséquences de la crise économique et les bouleversements que connaît alors la région minière du Donbass.
En 1997, il s’installe à Kyiv et devient photojournaliste indépendant. Il travaille depuis sur les transformations de son pays, en temps de paix comme pendant les révolutions et la guerre.

O.C. - Euromaidan (2014)
Sa série Passport est née d’une situation assez particulière.
En 1994-1995, les services sociaux de Louhansk font appel à des photographes pour prendre à domicile les photos d’identité des personnes âgées ou malades qui ne peuvent pas se déplacer. Chekmenov est chargé de ces visites. Il photographie les personnes pour leur nouveau passeport ukrainien, mais prend aussi, avec un autre appareil, des photographies de leurs intérieurs et de leurs conditions de vie. Il découvre ainsi une pauvreté et une solitude qui le frappent profondément.
Ce qui devait être un simple travail administratif devient alors une véritable série photographique. Les petits portraits destinés aux passeports sont accompagnés d’images beaucoup plus larges, où l’on voit les personnes chez elles, entourées de ce qu’elles possèdent. Chekmenov ne cherche pas à embellir ces intérieurs ni à cacher leur dénuement. Il nous montre simplement ce qu’il découvre.
Il poursuivra ce travail documentaire dans le Donbass, puis photographiera les bouleversements de l’Ukraine contemporaine, jusqu’à la guerre actuelle. Son travail a notamment été publié par The New York Times, Time et The Guardian. Pour découvrir son travail, c’est ICI.
 © Veilleur de Nuit – 2022

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...