In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 21 mars 2020

P. Pueyrredón - El alto de San Isidro (1865)
Une image et des mots. Je n'ai pas beaucoup de goût pour le peu que je connais de la peinture argentine, celle de Xul Solar ou celle du très célébré Antonio Berni. Mais j'en ai pour Prilidiano Pueyrredon (1823-1870), pour sa peinture de la vie des gauchos chers à Borgès, et en particulier pour ce tableau, peut-être mon préféré avec une autre de ses toiles, intitulée "Apartando en el corral".
Les mots que j'ai choisis pour l'accompagner sont de Jules Supervielle, le plus "gaucho" de nos poètes qui écrivait par ailleurs :

"Ne touchez pas l'épaule du cavalier qui passe, il se retournerait et ce serait la nuit, une nuit sans étoiles, sans courbes ni nuages..."

J'avais un cheval dans un champ de ciel,
et je m'enfonçais dans le jour ardent.
Rien ne m'arrêtait. J'allais sans savoir,
c'était un navire plutôt qu'un cheval,
c'était un désir plutôt qu'un navire,
c'était un cheval comme on n'en voit pas,
tête de coursier, robe de délire,
un vent qui hennit en se répandant.
Je montais toujours et faisais des signes.
"Suivez mon chemin, vous pouvez venir,
mes meilleurs amis, la route est sereine,
le ciel est ouvert.
Mais qui parle ainsi?
Je me perds de vue dans cette altitude,
Me distinguez-vous, je suis celui
qui parlait tout à l'heure,
suis-je encore celui qui parle à présent,
vous-mêmes, amis, êtes-vous les mêmes?
L'un efface l'autre et change en montant.
HZ1
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dimanche 15 mars 2020

W. Talbot - An oak tree (c.1842)
La veillée du dimanche. Deux clichés de l'homme de science anglais William Henry Fox Talbot (1800-1877), scientifique, inventeur et pionnier de la photographie.
C'est à lui que l'on doit le calotype (ou talbotype), procédé breveté en 1841 qui introduit pour la première fois le principe du négatif sur papier permettant de réaliser plusieurs tirages positifs. À la différence du daguerréotype de Louis Daguerre, qui produisait une image unique, le procédé de Talbot ouvre donc la voie à la photographie telle que nous la connaissons encore aujourd'hui.

W.T. - The open door (1844)
Mais Talbot ne voit pas seulement dans cette invention un outil scientifique. Avec The Pencil of Nature (1844-1846), premier ouvrage publié illustré de photographies, il montre que cette nouvelle technique peut aussi devenir un moyen d'observer et de représenter le monde : architectures, paysages, objets familiers, fragments du quotidien.
Érudit passionné de mathématiques, d'optique et de linguistique, Talbot incarne cette période où science et création artistique avancent encore côte à côte. « I do not claim to have perfected an art but to have commenced one, the limits of which it is not possible at present to ascertain. » : 
il ne prétendait pas avoir achevé un art, mais en avoir commencé un dont les limites restaient encore à découvrir.
 © Veilleur de Nuit – 2020
GK1

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dimanche 8 mars 2020

Newsha Tavakolian - Téhéran (2010)

La veillée du dimanche. Pour la Journée internationale des femmes, deux clichés de la photojournaliste iranienne Newsha Tavakolian (b.1981), membre de l'agence Magnum depuis 2015. Autodidacte, elle commence sa carrière dès l'âge de 16 ans en travaillant pour divers journaux iraniens. Au fil des années, elle étend son travail à l'international et couvre des événements mondiaux majeurs, comme les guerres et les catastrophes naturelles au Moyen-Orient, notamment en Irak, en Syrie et au Liban.
N.T. - Affiche Kurde (2015)

« I don't consider myself an artist, I consider myself a storyteller. »
Bien qu'elle se considère davantage comme une raconteuse d'histoires que comme une artiste, le travail de Newsha Tavakolian mêle habilement documentaire social et photographie artistique.
L'un de ses projets les plus connus, Listen, met en lumière les luttes des chanteuses professionnelles en Iran, où les femmes sont interdites de chanter en solo ou de se produire publiquement depuis la révolution de 1979. Après avoir couvert la révolte étudiante de 1999 à Téhéran, Tavakolian joue un rôle clé dans la création de Rawiya, un collectif de femmes photojournalistes du Moyen-Orient qui vise à offrir une nouvelle perspective sur les réalités du monde arabe et persan à travers les yeux de celles qui y vivent.
 © Veilleur de Nuit – 2020

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samedi 7 mars 2020

Fabrice Monteiro - The Prophecy (2015)
Une image et des mots. L'image c'est cette oeuvre du photographe belge Fabrice Monteiro (b.1972), qui vit et travaille à Dakar.
Les mots sont du philosophe australien Glenn Albrecht, extraits de l'article Symbiocene, publié sur son blog Healthearth en mai 2011, et repris dans son ouvrage Les émotions de la Terre publié en français en 2019 chez LLL Les Liens qui Libèrent.

De nombreuses personnes proposent le terme d'Anthropocène. Mais l'ère actuelle devrait s'appeler l'Obscène, non l'Anthropocène. En tant qu'humain, je refuse d'être associé à une période de l'histoire de la Terre où une seule espèce dominante sape les fondements de la vie de toutes les autres espèces. Je souhaite en revanche faire partie du "Symbiocène", où les humains vivent en harmonie avec les autres êtres vivants. Nous le pouvons, en adoptant des économies écomimétiques, biomimétiques et éco-industrielles.
Cette tâche sera ardue mais possible, thermodynamiquement parlant. Elle pourra même s'avérer éthique et magnifique.

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...