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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 22 février 2020
dimanche 16 février 2020
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| B. Davidson - Brooklyn Gang, Cathy (1959) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Bruce Davidson (b.1933), déjà présenté ici en juin 2013. Ces deux photographies sont extraites de Brooklyn Gang, série réalisée en 1959-1960 auprès des Jokers, une bande de jeunes adolescents de Brooklyn que Davidson, alors âgé de 25 ans, accompagne pendant tout un été.
Loin d'un simple reportage sur un « gang », son travail cherche à montrer une réalité humaine plus profonde : celle de jeunes gens issus de quartiers populaires, confrontés à la pauvreté, à la violence, mais aussi traversés par les amitiés, les rêves et les fragilités propres à l'adolescence. « Ce n'est pas tant autour d'un gang, car ce n'est qu'un mot », expliquera-t-il plus tard. « Mon travail se concentre sur une idée universelle : le sentiment d'isolement, de dépression, de la vie elle-même. C'est ça, le sujet de mes photos. »
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| B.D. - Brooklyn Gang (1960) |
« Ils étaient pauvres, ils étaient malheureux, ils étaient violents, ils étaient sexuels, ils étaient pleins de vie. »
Des années plus tard, le témoignage de Bengie, l'un des membres des Jokers, donne une résonance tragique à ces photographies. Il évoque Cathy, « belle comme Brigitte Bardot », cette jeune fille admirée par toute la bande, dont la vie se terminera par un suicide. Ses mots rappellent ce que Davidson avait déjà compris : derrière les images d'un groupe, il y avait avant tout des destins individuels.
dimanche 9 février 2020
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| Franz Kafka - Le penseur (1913) |
La veillée du dimanche. « L’art, aurait dit Kafka (1883-1924), est comme une prière : une main tendue dans l’obscurité, qui cherche à saisir une part de grâce pour devenir à son tour une main qui donne. »
Voici deux de ses œuvres.. Elles font partie de ses dessins – il les appelait "gribouillages" –, réalisés entre 1901 et 1907 et qui ont été exhumés l'an dernier des coffres d'une banque zurichoise.
Dans une de ses conversations avec Gustav Janouch, traduites et publiées chez Maurice Nadeau en 1998, qui s'étonnait de la réticence de Kafka à montrer ses dessins, ce dernier lui répondit ceci : « Ces dessins ne sont pas aussi innocents qu’ils en ont l’air. Ils sont les vestiges d’une ancienne passion profondément enracinée. C’est pourquoi j’ai essayé de te les cacher… Ce n’est pas sur le papier. La passion est en moi. J’ai toujours voulu savoir dessiner. Je voulais voir, et retenir ce que je voyais. C’était ma passion. »
dimanche 2 février 2020
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| Diane Arbus Blind couple, Queens, NY (1971) |
Diane Arbus s'intéresse à ceux que la société regarde peu ou regarde mal : personnes handicapées, artistes de cirque, travestis, nudistes, enfants... Elle ne cherche ni à les idéaliser ni à les transformer en curiosités.
Elle les photographie avec une proximité et une simplicité qui dérangent parfois autant qu'elles fascinent. C'est sans doute ce qui explique que son œuvre continue d'alimenter le débat : regard profondément empathique pour les uns, fascination ambiguë pour les autres. Sans chercher à embellir ni à dramatiser ce qu'elle montre, Diane Arbus a ouvert une voie très personnelle dans l'histoire de la photographie. Son suicide, en 1971, a contribué à nourrir sa légende, mais son influence tient avant tout à cette singularité de son regard.
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