| RS2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 20 mai 2017
dimanche 14 mai 2017
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| L.I. Konov - Stalingrad (1942) |
Ce n’est pas la violence qui s’y donne à voir frontalement, mais son écho immédiat dans les corps et les visages : la peur, le dénuement, mais aussi, parfois, une forme de résistance. Sur le premier cliché, le photographe russe L. I. Konov saisit la stupeur muette d’enfants réfugiés sous terre durant le siège de Stalingrad, alors que la ville est bombardée par l’aviation allemande.
Le second, du photographe japonais Kyoichi Sawada, montre une mère et ses enfants tentant de traverser une rivière sous les bombardements américains sur la ville portuaire de Quy Nhon, le 7 septembre 1965.
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| K.S. - Vietnam (1965) |
Sawada reçoit en 1966 le prix Pulitzer de photographie pour ses images de la guerre du Vietnam. Il meurt quatre ans plus tard, à 34 ans, au Cambodge, alors qu’il se rend vers le plateau de Quirirom avec Frank Frosch, chef du bureau régional de l’UPI. Désarmés et en civil, les deux journalistes sont abattus par des Khmers rouges.
dimanche 7 mai 2017
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| I. Brodsky - Dnieprostroi (1932) |
Mais ici, point d allégorie à la mâchoire carrée, ni de contre-plongées sur des prolétaires sculpturaux brandissant des clés à molette. Au contraire, c’est une vue en plongée que propose Brodsky sur le chantier du Dnieprostroï, alors le plus grand barrage du monde.
Et l’on n’y voit pas un bataillon de bâtisseurs héroïques au pied de murailles colossales, mais une poignée d’ouvriers raisonnablement affairés : l’un est assis, un autre, jambes nonchalamment écartées, les mains sur les hanches.
Le parti-pris du peintre me plaît assez, et sa réalisation, sur le plan strictement esthétique, davantage encore : l'emploi des couleurs, l'équilibre des nuances, avec cette géométrie d'ombre et de lumière, et ces belles diagonales, le câble d'une grue dont on ne voit que l'ombre... J'aime beaucoup ce tableau.
Le parti-pris du peintre me plaît assez, et sa réalisation, sur le plan strictement esthétique, davantage encore : l'emploi des couleurs, l'équilibre des nuances, avec cette géométrie d'ombre et de lumière, et ces belles diagonales, le câble d'une grue dont on ne voit que l'ombre... J'aime beaucoup ce tableau.
| I.B - Parole IV, Lénine à Putilov (1929) |
Le second, tout aussi conventionnel dans son sujet et moins original dans sa composition, me plaît aussi beaucoup.
Il fait revivre un événement qui s’est déroulé il y a un siècle, que la Fête du Travail vient de rappeler.
Son titre complet est Parole IV. Lénine lors d’un rassemblement des travailleurs de l’usine Poutilov en mai 1917. Lénine, donc, de retour d’exil, exhorte le peuple à renverser le gouvernement provisoire mis en place après l’abdication du tsar Nicolas II. Ce qui frappe ici, c’est la virtuosité du peintre dans le rendu des vêtements fatigués, des avant-bras maculés, de ces dizaines de postures et d’attitudes d’une grande vivacité – jusqu’à la manière particulière dont chacun des trois fumeurs tient sa cigarette… Il n'y a qu'une femme dans cette foule, et – de profil – un sosie de Lénine.
Son titre complet est Parole IV. Lénine lors d’un rassemblement des travailleurs de l’usine Poutilov en mai 1917. Lénine, donc, de retour d’exil, exhorte le peuple à renverser le gouvernement provisoire mis en place après l’abdication du tsar Nicolas II. Ce qui frappe ici, c’est la virtuosité du peintre dans le rendu des vêtements fatigués, des avant-bras maculés, de ces dizaines de postures et d’attitudes d’une grande vivacité – jusqu’à la manière particulière dont chacun des trois fumeurs tient sa cigarette… Il n'y a qu'une femme dans cette foule, et – de profil – un sosie de Lénine.
Où est Charlie ?
samedi 6 mai 2017
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| Anon. - Glacier National Park, Montana |
"Que mes pas me portent dans la beauté, que mes pas me portent tout le long du jour, que mes pas me portent à chaque retour des saisons pour que la beauté me revienne. Beauté des oiseaux, beauté joyeuse des oiseaux. Que mes pas me portent sur le chemin gorgé de pollen, que mes pas me portent dans la danse des sauterelles, que mes pas me portent dans la rosée fraîche et que la beauté soit avec moi. Que mes pas me portent vers la beauté qui me précède, que mes pas me portent vers la beauté qui me succède, que mes pas me portent vers la beauté du ciel, que mes pas me portent vers la beauté qui m'entoure, que mes pas me portent dans la vieillesse, sur un chemin de beauté, vivifié. Que mes pas me portent dans la vieillesse, sur un chemin de beauté, vers une vie nouvelle, et dans la beauté je marcherai, dans la beauté je marcherai..." Poème Navajo.
Des peintres naïfs, le critique Wilhem Uhde disait qu'ils étaient "les peintres du coeur sacré" ; après l'impressionnisme et le cubisme il fallait, disait-il, "que vinssent ces peintres pour conférer à la réalité le sublime de la pensée et la grandeur du sentiment". C'est pour moi ce qu'exprime ce poème - peut-être inspiré par ces sublimes paysages du Montana -, et sa naïveté n'est pas non plus de celles qu'on pourrait moquer, mais plutôt de celles dont on doit faire l'éloge... S'y exprime essentiellement la profondeur des peuples autochtones et leur amour intime pour la nature, le seul - disait Balzac - qui ne trompe pas les espérances humaines.
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