In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 2 novembre 2024

Matt Black - Dewey County
Une image et des mots. Un cliché de Matt Black (voir février 2018), extrait de sa série "Géographie de la pauvreté", et quelques vers du poète espagnol Miguel Florián Ocaña.

Los días se parecen a los pájaros
-vienen y luego van- y siempre dejan
una herida de luz. Huele a musgo su vuelo,
a países de escarcha,
a savia de madroños escondidos...
(Hay una fuente oculta que derrama blancos ríos de sed, y un campanario
azul, mecido por el viento).
De qué cielo, de qué elevada dicha,
los pájaros descienden. De qué amor.
Los días se parecen a los pájaros,
igual tristeza dejan cuando pasan,
la misma oscuridad, igual silencio.

***

Les jours ressemblent aux oiseaux
– ils viennent puis s’en vont – et laissent toujours
une blessure de lumière. Leur vol sent la mousse,
les contrées de givre,
la sève des arbousiers cachés…
(Il y a une source secrète qui répand
des rivières blanches de soif, et un clocher
bleu, bercé par le vent).
De quel ciel, de quel bonheur élevé,
descendent les oiseaux. De quel amour.
Les jours ressemblent aux oiseaux,
ils laissent la même tristesse lorsqu’ils passent,
la même obscurité, le même silence.

FS9

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dimanche 27 octobre 2024

O.S. - Fermant les volets (1929)

La veillée du dimanche. Deux œuvres, des tempera sur papier, du peintre et illustrateur suédois Otte Sköld (1894-1958). Né en Chine, où il reçoit ses premières leçons de dessin, il poursuit sa formation en Suède avant de séjourner à Copenhague et à Paris. Dans les années 1920, il dirige l’Académie Scandinave et enseigne à la Maison Watteau, avant de fonder à son retour en Suède sa propre école, l’école Sköld.

O. Sköld - Mansardes (1921)
Représentant du courant de la Nouvelle Objectivité, apparu dans l’Europe des années 1920 – d’abord en Allemagne (Neue Sachlichkeit) en réaction à l'expressionisme et à l’abstraction croissante du modernisme, Sköld cherche une représentation précise et dépouillée du monde. Comme d’autres artistes de ce mouvement, il s’intéresse à une réalité marquée par les bouleversements de l’après-guerre, les tensions sociales et un certain désenchantement.
« Il n'y a qu'un seul monde et il est cruel », disait Nietzsche.

JT2

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samedi 26 octobre 2024

Henri Senders
Une image et des mots. Un cliché du photographe néerlandais Henri Senders (b.1958).

Elle vivra toujours,
Sur les grèves,
Des îles roses,
Toujours indocile,
Toujours indomptable,
Avec ses chevilles
Si blanches
Que leur révélation
Passe comme un éclair sur la mer
Et illumine le monde entier.

Panaït Istrati, Nerrantsoula
TZ1

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dimanche 20 octobre 2024

Beryl Cook - The dancer

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l’artiste autodidacte anglaise Beryl Cook (1926-2008), très appréciée pour ses tableaux pleins d’humour, de vitalité et de personnages hauts en couleur. Son style, aux formes volontairement amplifiées et aux couleurs éclatantes, échappe aux classifications faciles : à la fois proche de l’art naïf et de l’imagerie populaire, quelque part entre un Dubout policé et un Botero festif.

B. Cook - Banjo players
Inspirée par sa fréquentation des pubs, Beryl Cook représente avec malice et bienveillance des personnages exubérants, aux formes généreuses, des joyeux fêtards et des dondons en goguette qui sirotent leur cask beer dans des situations festives.
Soirées dansantes, pubs animés, plages ensoleillées : elle célèbre la culture populaire britannique dans ce qu’elle a de plus spontané, avec une touche d’irrévérence, mais sans jamais tomber dans la caricature cruelle. Elle y saisit surtout cette excentricité si particulière de ses compatriotes, leur goût de la fête, du déguisement, de l’excès joyeux et de la convivialité.
Bien qu’elle n’ait jamais cherché les honneurs, son œuvre a conquis un large public par sa sincérité, son humour et cette capacité rare à célébrer les moments partagés, la joie simple d’être ensemble. « Nous valons ce que valent nos joies », écrivait saint Thomas d’Aquin.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...